j'ai décidé d'arrêter de travailler (1)
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J’ai décidé d’arrêter de travailler pour l’instant

La décision a été difficile car je suis tiraillée entre la combattante que j’ai toujours été et le fait de vouloir vivre. Mais ma décision est prise, pour l’instant, j’arrête de travailler.

Ma vie ces dix dernières années

Ma vie ces dix dernières années (1)

Il faut que je commence par vous avouer une chose, je suis gravement malade, handicapée à 80% car bipolaire de type un, c’est quelque chose qui donnera le ton à tout ce que je vais entreprendre pendant dix ans.

Jusqu’à mes 30 ans, je vivais dans l’attente de rencontrer celui qui me sauverait. Tout ce que je faisais, tout ce à quoi je pensais été en fonction du mec potentiel avec qui je serais. Mon statut social alors n’avait que peu d’importance. J’étais super dégourdie dans pas mal de domaine, mais avoir une carrière, je n’y pensais pas.

Des mecs, j’en ai eu  des tonnes et j’ai même vécue avec certain mais rien n’a jamais vraiment marché. Un jour, j’ai arrêter d’aller vers des gars si je n’étais pas certaine d’être vraiment amoureuse ce qui m’a laissé du temps pour penser au travail. En effet, je commençais à avoir honte de ne faire que des petits boulots et j’ai eu envie d’être fière de moi et d’accomplir quelque chose.

Entre temps, mon état de santé c’était considérablement altéré, je me retrouve dès 2011 en dépression sévère 9 mois de l’année et profite de la moindre acalmie pour me relever et monter des boites. Plus j’étais malade et plus j’avais honte de moi et plus j’avais honte de moi plus je redoubler d’efforts pour être la meilleure possible dans mon travail.

Ce que représentait le travail pour moi

Ce que représentait le travail pour moi

Je dois bien le dire, pendant de nombreuses années, le travail m’a sauvé de la mort plusieurs fois. Le fait de travailler procure un but et une stimulation intellectuelle qui nous aide à lutter contre la dépression.

Quand j’ai commencé à être assez malade pour craindre pour ma vie, j’ai lutté en me donnant un an. Un an pour non pas trouver le bonheur mais au moins pour trouver l’apaisement. Désormais, j’étais assez douée pour me faire embaucher dans mon domaine.

J’étais certaine que trouver un CDI payé plus de 2000 euros par mois dans un domaine que j’aime comblerait tous mes manques. Je pensais que j’y trouverais une vis sociale et que je serais heureuse d’aller travailler le matin pour faire un travail intéressant qui me stimulerait intellectuellement. Sans compter le cadre, indispensable à tout bipolaire.

Pour moi, cela signifiait que je serait comme tout le monde, plus une saloperie de handicapée, je serais au niveau.

Il faut que je précise que je ne suis pas obligé de travailler car j’ai l’AAH et que de toutes façon, je suis censé être trop malade pour pouvoir. Seul 5% des gens comme moi arrive à travailler régulièrement.

Et puis j'ai réussie

Et puis j'ai réussie

Et enfin j’ai réussi à trouver le travail qui me semblait parfait. Bien payer, une équipe au top dans une énorme agence web. Le seul hic, c’est que c’était à Marseille. Je devais donc déménager, chose impossible normalement pour quelqu’un comme moi. Par rapport à ma maladie, j’ai eu plusieurs victoires.

  • J’ai réussi à déménager
  • J’ai réussi à vivre en colloc pendant un mois
  • Une seule fois aux urgences psychiatriques un week end et reprise du boulot le lundi

De réussir à faire tout ça à changé la vision que j’avais de moi-même.

Quant au travail en lui même, je me suis rendu compte qu’il tuait mon âme. Mes journées se ressemblaient toutes, je détestait ce qu »on me demandais de faire et mon équipe n’était clairement pas au niveau. Sans compter le côté usine qui bloque toute créativité. Pas le temps de me faire à manger, Pas le temps de m’occuper de moi, pas de qualité de vie alors qu’au final, c’est de ça dont j’ai besoin.

J'ai trouvé ce que je cherchais

J'ai trouvé ce que je cherchais

A la base, le but premier de tout ça était de trouver le bonheur, d’être heureuse. Pendant toutes ces années ou je me suis battue pour réussir et me sauver la vie, j’étais certaine que cela passerait par le travail. Et dans un sens c’est vrai car en me permettant d’aller au delà de mes capacités, le travail m’a fait prendre de qui je suis et de ce que je vaut.

Je ne veux plus me battre pour prouver aux autre qui je suis ou ma valeur car j’ai compris que c’est avant tout à moi-même que je devais prouver tout cela.

Ce que je sais aujourd’hui, c’est que j’ai le droit de ne pas travailler car je suis malade mais aussi parce que je me suis battue et que j’ai survécu là ou d’autres tous les jours échoue.

Cela fait dix ans que je travaille dans les algorithmes et j’en ai marre. Entre ma maladie et ça je n’ai jamais vécue et c’est la première année ou enfin j’arrive a respirer, à sortir, à me détendre sans être à l’agonie. Je veux en profiter. Je retravaillerai sans aucun doute, mais dans quelque chose de nouveau. En attendant, je flâne !

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